Bouquins
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L'édition intégrale, aujourd'hui introuvable, des Mémoires de guerre du général de Gaulle.
Lorsqu'il a entrepris la rédaction de ses Mémoires au lendemain de la Libération, Charles de Gaulle a confié à un archiviste la mission de rassembler toute la documentation sur laquelle il comptait s'appuyer pour raconter son épopée à la tête de la France libre jusqu'à son départ du pouvoir en janvier 1946. " Une masse considérable de pièces justificatives " rassemblant, selon ses dires, plus de 100 000 documents dont 3 000 lui parurent utiles à son récit, publiés en annexes de chacun des trois volumes. Notes personnelles, allocutions, éléments de correspondance avec ses principaux interlocuteurs de l'époque, Winston Churchill ou Franklin Roosevelt, messages à ses compagnons de combat, rapports d'entretiens, c'est un matériau d'une richesse exceptionnelle, occupant les deux tiers de chaque tome, qu'il avait tenu à faire figurer en contrepoint des Mémoires eux-mêmes, conçus comme une entreprise littéraire à part entière.
Après sa mort, ces documents qui apportent un éclairage essentiel pour la compréhension de sa pensée et de son action ont disparu des rééditions qui se sont succédé. Jusqu'à ce que "Bouquins" prenne l'initiative de publier l'intégralité de ce qui constitue l'oeuvre majeure de l'homme du 18-Juin.
Voici ce témoignage de premier ordre enfin disponible dans la forme que son auteur avait imaginée, c'est-à-dire enrichi d'innombrables documents originaux dont on mesurera l'intérêt à la lecture de l'ouvrage. -
À l'occasion du 230e anniversaire de la mort de Marie-Antoinette, la biographie, une des plus belles du genre, écrite par Stefan Zweig et consacrée à la reine à découvrir dans une nouvelle traduction.
Appellation surprenante pour cette reine en qui la France aujourd'hui encore voit un de ses fleurons. Ici Marie-Antoinette est vue par les yeux d'un Autrichien, donc d'un compatriote, qui certes brosse d'abord un portrait historique rigoureusement fondé sur des documents d'archives (notamment correspondances diverses) mais en le plaçant dans un éclairage psychologique, et même freudien, auquel Zweig a si souvent recours dans ses nouvelles (rappelons que Zweig et Freud se vouaient une admiration mutuelle). Ce sont les circonstances successives qui modèleront les comportements variés et souvent condamnés de son existence : utilisée comme pion sur l'échiquier politique des alliances de l'époque, mariée à quatorze ans au futur Louis XVI qui sera impuissant durant sept années, reine à 18 ans, elle se défoulera dans une dispendieuse exubérance compensatoire, au grand dam de sa mère Marie-Thérèse ; spontanée, étourdie, irresponsable elle jettera l'argent par les fenêtres de son luxueux Trianon qu'elle a entouré d'un hameau reconstitué et peuplé de figurants, tandis que le vrai peuple vit dans la misère. On profitera de son inconstance pour la berner, notamment dans l'Affaire du collier ici brillamment narrée dans une prose digne d'Agatha Christie. La jeune femme adulée à son arrivée en France ne tardera pas à y devenir l'ennemie publique numéro un... jusqu'à son procès où elle deviendra totalement autre : c'est dans l'adversité que la jeune écervelée gagnera l'étoffe d'une reine, d'une femme éprouvée et mûre, profondément humaine, voire tragique.
Beaucoup d'encre a coulé sur les frasques de Marie-Antoinette, mais ici le style de Zweig devient un acteur de premier plan : flamboyant, métaphorique, tantôt analytique tantôt empathique, toujours passionné et sous-tendu par une implication auctoriale partiale, celle d'un homme qui comprend une femme, mais sans jamais l'excuser. C'est ce style que la nouvelle traduction a fidèlement restitué. Le narrateur se déplace telle une caméra dans le somptueux Versailles et parcourt les arcanes des multiples intrigues coutumières, il est omniprésent, évoluant dans les décors et dans les têtes, y épousant toutes les circonvolutions, on s'y croirait !
Cette biographie, une des plus belles du genre, est effectivement celle d'une femme ordinaire qui, comme le dira à son procès l'avocat de la défense, a eu le malheur d'être reine : une femme qui aimait la vie et voulait profiter de sa jeunesse, sans pour autant faire du mal consciemment, et qui a dû être confrontée à l'exceptionnel et au grandiose pour devenir une figure historique extraordinaire. -
La Solution finale : Le destin des Juifs (1933-1949)
David Cesarani
- Bouquins
- La Collection
- 29 Octobre 2025
- 9782382924310
Après des décennies de recherche, l'historien anglais David Cesarani (1956-2015) a réévalué l'histoire de la Shoah en démontrant que l'extermination des Juifs par Hitler n'était ni planifiée ni inévitable. Ouvrage d'une autorité manifeste, cette synthèse profondément bouleversante est traduite pour la première fois en français.
La Shoah n'a jamais été aussi commémorée, mais notre compréhension des événements qui ont mené au génocide a rarement été remise en question. Dans cette synthèse complète sur l'histoire de la persécution et de l'extermination des Juifs, l'historien britannique David Cesarani montre que la " solution finale " n'était ni planifiée par Hitler ni inévitable, mais résulte au contraire d'une série de décisions improvisées et souvent chaotiques, dictées par la guerre et la radicalisation progressive du régime nazi.
À l'inverse de la plupart des ouvrages sur cette période, qui s'arrêtent en 1945, l'historien étend son analyse jusqu'en 1949, éclairant le sort des survivants dans les camps de personnes déplacées, les difficultés de la réinstallation et de l'émigration, et la constitution de la mémoire de la Shoah dans l'immédiat après-guerre.
Dans une remarquable préface à la présente édition, Tal Bruttmann trace le portrait en forme d'hommage d'un des plus grands spécialistes de l'histoire contemporaine des Juifs et décrit la méthode scientifique avec laquelle Cesarani déconstruit les lieux communs du savoir historique sur un sujet dont de nombreux aspects restent encore méconnus.
La traduction inédite de La Solution finale offre au public français une oeuvre qui renouvelle, par son approche et par l'étendue de ses sources, notre connaissance d'une des plus terribles tragédies du XXe siècle. Un ouvrage convaincant et profondément troublant. -
Dès leurs premières incursions en Occident à l'extrême fin du VIIIe siècle, les Vikings héritèrent une réputation sulfureuse. Indignés par le sort que ces prédateurs venus du Nord réservaient aux riches abbayes, les clercs brossèrent d'eux un portrait sans nuances: barbares païens d'une cruauté inouïe, égorgeant hommes, femmes et enfants, buvant le sang de leurs ennemis dans des crânes et sachant, de surcroît, mourir dans un éclat de rire. Cette image de monstres sans toi ni loi - certains même n'hésiteront pas à les qualifier plus tard de surhommes - va perdurer jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Depuis, pour démêler le faux du vrai, le mythe de la réalité, les chercheurs ont sollicité l'archéologie, l'histoire, la numismatique, la philologie, la runologie et proposé une lecture plus subtile de cette société scandinave. Pillards, certes à l'occasion, mercenaires au service du plus offrant, les Vikings furent avant tout des marchands: vendeurs de fourrures, d'ambre et d'esclaves, acheteurs de tissus, d'armes et de grains. Ils furent également de grands artisans, mettant au point, entre autres, un bateau extraordinaire, aussi maniable en eaux peu profondes qu'en haute mer. Le droit coutumier et la religion des Vikings, d'une grande tolérance, jouèrent un rôle important dans le développement de cette société sans préjugés qui ignorait la violence gratuite et la torture. Ces hommes, dont la civilisation dura près de deux cent cinquante ans (v. 800-v. 1050) et qu'un concours exceptionnel de circonstances a portés sur le devant de la scène de l'histoire, apparaissent ici tels qu'ils turent réellement, loin des fantasmes de notre imagination.
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L'évadé d'Auschwitz : l'homme que personne n'a voulu croire
Jonathan Freedland
- Bouquins
- Document
- 21 Septembre 2023
- 9782382923634
Une nouvelle enquête passionnante sur l'histoire de la Solution finale, à lire les yeux grands ouverts, comme une page de l'histoire de l'humanité.
Une nuit d'avril 1944, Walter Rosenberg, bientôt connu sous le nom de Rudolf Vrba, un jeune Juif slovaque de 19 ans, et son ami Alfréd Wetzler parviennent à s'évader d'Auschwitz. Leur objectif : prévenir le monde de l'existence de cette usine de mort et tenter de sauver de la chambre à gaz le prochain convoi de Juifs hongrois.
Près de deux ans plus tôt, après un bref séjour dans le camp de Majdanek, Rosenberg est déporté à Auschwitz. Contraint aux travaux forcés à Buna, il est ensuite affecté à la " rampe " où débarquent les Juifs de toute l'Europe. La majorité d'entre eux sont gazés après la " sélection ". Les rares survivants subissent persécutions, violences et cruautés incessantes.
Doté d'une mémoire phénoménale, Walter enregistre tout jusqu'au moindre détail durant sa captivité : le fonctionnement du camp, sa géographie, son économie, l'organisation de son système ferroviaire. Après son évasion, il consigne avec son codétenu l'ensemble de ces informations dans le Rapport Vrba-Wetzler. Ce document de 32 pages, aussi appelé " Protocole d'Auschwitz ", envoyé à Churchill, Roosevelt et au pape Pie XII, sera le premier récit détaillé sur le camp à atteindre les Alliés. Rudolf Vrba sera également l'un des témoins capitaux du film Shoah de Claude Lanzmann.
Cette nouvelle enquête dévoile l'incroyable histoire d'un homme que personne n'a voulu croire. -
Une République française : 1870-1940
Jean-Noël Jeanneney
- Bouquins
- La Collection
- 19 Septembre 2024
- 9782382924181
La IIIe République, la plus longue de l'histoire de France, garde une actualité forte et demeure une source d'inspiration politique et civique. Le grand historien contemporain qu'est Jean-Noël Jeanneney lui a consacré l'essentiel de son oeuvre pour éclairer les incertitudes de notre histoire présente.
Au coeur des diverses responsabilités publiques qu'il a exercées, Jean-Noël Jeanneney s'est voulu d'abord et continument historien. Un grand nombre de ses publications, au fil de soixante années, concernent la Troisième République, de 1870 à 1940. On en trouve rassemblé l'essentiel dans ce volume, qui offre de multiples éclairages et montre certaines permanences de long terme. Ce régime a été souvent décrié, à bon droit parfois, injustement souvent. L'auteur restitue la force et le mérite de hauts personnages tels Jean Jaurès, Georges Clemenceau, Georges Mandel, Léon Blum et il en fait resurgir bien d'autres. Les passions et les douleurs fourmillent, les affrontements et les tourments, mais aussi les courages, les réussites, les accomplissements, entre une paix toujours fragile et la guerre ravageuse. Sur l'activité parlementaire et gouvernementale, les aperçus sont multiformes. Le rôle de l'argent est scruté, dans la vie démocratique et dans les décisions prises : il imprègne la chronique très heurtée des partis et des médias.
Face à nos incertitudes et nos angoisses contemporaines, ce livre affirme que le souvenir contrasté de ces longues années de l'histoire de France peut, aujourd'hui encore, dans la fidélité aux Lumières, instruire et renforcer le civisme. -
Cet amour de loin : Poésie et vérité au Moyen Âge
Michel Zink
- Bouquins
- La Collection
- 7 Novembre 2024
- 9782382924617
Un des plus grands spécialistes de la littérature du Moyen Âge fait son entrée en " Bouquins ". Il nous donne accès à un univers lointain, qui en latin, langue d'oïl et langue d'oc, nous dit les misères, les grandeurs et les beautés de la condition humaine, qui est aussi la nôtre.
" Que Dieu qui fit tout ce qui va et vient/Et qui forma cet amour de loin/Me donne le pouvoir, car j'en ai le désir/De voir cet amour de loin. " Ainsi chantait, au XIIe siècle, le troubadour Jaufré Rudel. De ces quatre vers, de milliers d'autres, de centaines de chansons, prédications, vies de saints, récits de chevalerie et contes populaires qui forment un continent de la littérature médiévale, Michel Zink a tiré, par un va-et-vient constant entre les oeuvres du Moyen Âge et notre époque, de quoi ressusciter une société, des mentalités, des sentiments, une esthétique et une morale qui, si déroutants soient-ils parfois, et à dix siècles de distance, nous touchent au plus profond. " Que ce point de rencontre existe - écrit l'auteur dans un riche avant-propos -, que cette beauté puisse se révéler à nous, qu'elle puisse nous épanouir et nous enrichir, c'est l'espoir qui anime ce livre. "
Dans le présent volume, toutes sortes d'auteurs et d'ouvrages de cette haute époque expriment la force ambiguë de l'amour, les doutes des puissants, l'espérance des humbles, la douleur de l'humiliation, l'honneur chevaleresque à tous risques, les joies inattendues des serviteurs de Dieu. Ils adressent par-delà l'épaisseur du temps ce sourire éternel que porte jusqu'à nous l'ange de Reims.
Une admirable leçon d'histoire et d'art poétiques.
Ce volume contient : Bienvenue au Moyen Âge ; La Subjectivité littéraire ; Poésie et conversion au Moyen Âge ; Les Troubadours ; L'Humiliation ; Le Jongleur de Notre Dame. -
Récits des temps mérovingiens et écrits sur l'Histoire
Aude Déruelle, Augustin Thierry, Collectif
- Bouquins
- La Collection
- 24 Avril 2025
- 9782382921395
La première édition critique de l'oeuvre d'Augustin Thierry, aux sources du " roman national ".
Au lendemain de la Révolution, Augustin Thierry (1795-1856) compte parmi les premiers à appeler de ses voeux une nouvelle histoire nationale. Il s'y attelle dans les Récits des temps mérovingiens (1840), chef-d'oeuvre de l'esthétique romantique. Ce texte au style enlevé et pittoresque, mais qui s'appuie sur une documentation colossale et une maîtrise impressionnante des sources, a été l'un des livres d'histoire les plus lus au XIXe siècle. Il exerça une influence majeure sur de nombreux écrivains - jusqu'à Proust qui s'en inspira pour sa " nuit mérovingienne " dans l'église de Combray - et contribua à façonner notre imaginaire du haut Moyen Âge, en mettant en scène les crimes des rois francs et la rivalité entre Frédégonde et Brunehilde. Il est précédé des Considérations sur l'histoire de France (1840) qui, en proposant une histoire des histoires de France, développent une réflexion pionnière en matière historiographique.
Le présent volume offre la première édition critique de ces textes. Il en retrace la genèse grâce aux archives d'Augustin Thierry, les enjeux et la réception jusqu'à nos jours. Il est complété par une sélection d'autres écrits de l'auteur, parmi lesquels une lecture célèbre d' Ivanhoé de Walter Scott (1820), " Histoire de mes idées et de mes travaux historiques " (1835) - une des premières tentatives d'ego-histoire -, ainsi que de larges extraits de son dernier livre, Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du Tiers État (1851).
Ce volume contient : Considérations sur l'histoire de France ; Récits des temps mérovingiens ; Écrits sur l'histoire (une anthologie). -
Michelle Perrot est une des plus grandes historiennes contemporaines. Ses travaux, pionniers en matière d'histoire sociale, d'histoire des marges, des femmes et du genre, ont puissamment contribué à renouveler la discipline et ses objets. Les trois séquences qui rythment ce volume correspondent à ses thèmes de prédilection : ouvriers, marges et murs, femmes.
S'intéressant à travers eux à des figures de dominés, longtemps ignorés par les chercheurs, elle explore les traces à demi effacées de vies ordinaires qui, elles aussi, ont fait l'histoire : celles des ouvriers en grève ou des détenus du XIXe siècle, celles des enfants des rues, vagabonds ou autres Apaches de la Belle Époque. Celles enfin des femmes, toujours inscrites dans la diversité de leurs parcours et saisies dans la variété de leurs lieux de vie : la chambre, l'atelier, l'usine, la maison bourgeoise, la rue.
Longtemps étouffées ou inaudibles, les voix de ces femmes, ouvrières (« mot impie », selon Michelet) ou autrices (au premier rang desquelles George Sand), militantes ou anonymes, aux corps assujettis ou triomphants, exploités et désirés, sont restituées par la force d'un style singulier. Toutes semblent se rejoindre in fine dans la figure de Lucie Baud, « révoltée de la soie », meneuse de grève en Isère et inspiratrice de Mélancolie ouvrière, saisissant livre-enquête ici reproduit en intégralité.
Michelle Perrot a elle-même assuré la sélection, l'agencement et la présentation des textes retenus, portant un regard résolument lucide et personnel sur plus d'un demi-siècle de recherche et d'engagement. Ce volume permet d'en mesurer toute l'ampleur.
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Femmes mémorables
Collectif, Josyane Savigneau, Valérie Cadet, Chantal Bigot, Monique Nemer
- Bouquins
- La Collection
- 16 Novembre 2023
- 9782382922972
Entreprise monumentale qui a mobilisé plusieurs dizaines de contributeurs, ce volume est une véritable encyclopédie du génie féminin à travers les siècles.
Marta Abba, femme de théâtre, ouvre la marche ; Zouc, sa consoeur, la ferme, voisinant avec la reine Zénobie et Clara Zetkin : indice de la diversité de la longue colonne des " femmes mémorables " (plus d'un millier), objet de ce livre. Outre celles que le récit conventionnel du passé avait retenues - Clotilde, Jeanne d'Arc, Aliénor d'Aquitaine ou Catherine de Médicis - , on y croise des comédiennes, photographes, peintres, écrivaines, scientifiques, danseuses, musiciennes, sportives, cinéastes, journalistes, politiques, des saintes et des meurtrières. Ni une foule ni un peuple ; plutôt des exceptions, dont l'action a, d'une manière ou d'une autre, brisé la répartition traditionnelle des rôles et des espaces sexuels. Leur point commun : elles prétendaient à l'espace public interdit, surtout dans les domaines de la création. Elles ont reculé, voire franchi les limites habituellement imposées aux femmes. Elles sont des passeuses de frontières, des empêcheuses de tourner en rond dans la sempiternelle chorégraphie répétitive de la sphère privée, zone censée du bonheur. Elles ont parfois renoncé à tout concilier dans l'obscurité du quotidien. Elles ont ouvert des chemins de traverse. Elles ont osé. À ce titre, elles sont mémorables. Michelle Perrot -
Dictionnaire de la guerre de Cent Ans
Collectif, Jean-Marie Moeglin
- Bouquins
- 19 Octobre 2023
- 9782382923368
Cet ouvrage monumental, conçu par les meilleurs spécialistes sous la direction de Jean-Marie Moeglin, propose la description complète d'un conflit séculaire qui structura l'histoire de deux nations, la France et la Grande-Bretagne, entre le XIVe et le XVe siècles.
Cet ouvrage monumental, conçu par les meilleurs spécialistes français et étrangers sous la direction de Jean-Marie Moeglin, offre le tableau le plus complet qui soit d'un conflit séculaire qui structura l'histoire de deux nations, la France et l'Angleterre, entre le XIVe et le XVe siècle. La guerre de Cent Ans a longtemps souffert d'une conception historiographique ancienne et étriquée ; on l'a décrite comme une suite plus ou moins erratique de batailles ; on y a vu de manière anachronique le choc de deux sortes d'impérialismes, un affrontement pour la prépondérance de deux États-nations avant la lettre, la France et l'Angleterre. Il y fallait une révision d'ensemble. C'est ici chose faite. Ce Dictionnaire donne une vision nouvelle de la guerre de Cent Ans, née d'une rivalité entre deux rois dont l'un réclamait une couronne que l'autre se serait appropriée sans droit. Autour de cette querelle s'agrégeait une multitude d'autres affrontements locaux. Cette logique a fait de la guerre de Cent Ans un épisode dans lequel les liens personnels, les affaires d'honneur blessé et de réclamations obstinées de terres et de droits, les haines recuites transmises de génération en génération occupaient le devant de la scène. L'ouvrage montre comment des conflits périphériques se greffant sur le conflit central entre deux rois puissants et la nécessité de leur donner une légitimation politique ont amené les royaumes de France et d'Angleterre à se transformer en États administrativement organisés, militarisés et dotés d'une idéologie cohérente au sein de laquelle l'obéissance au roi légitime devenait une vertu première. Scientifiquement rigoureux, ce Dictionnaire propose, au-delà du mythe qu'elle a suscité, une histoire totale de la guerre de Cent Ans, devenue partie intégrante de notre imaginaire national. -
Dictionnaire de la guerre d'Algérie
Tramor Quemeneur, Ouanassa Siari Tengour, Sylvie Thénault
- Bouquins
- La Collection
- 16 Mars 2023
- 9782382923061
Soixante ans après les accords d'Évian paraît le premier dictionnaire consacré à la guerre d'Algérie, rédigé par les meilleurs spécialistes de la période, algériens et français.
"Soixante ans après la fin de la guerre d'Algérie, les enjeux mémoriels liés à l'histoire de ce conflit ont alimenté autant de débats que de controverses. La recherche historique n'a cessé de progresser durant cette période. Mais il manquait un ouvrage d'une ampleur suffisante pour permettre, dans un contexte resté passionnel, de traiter du sujet sous tous ses angles, en puisant dans une bibliographie désormais abondante et en se fondant sur les acquis de la recherche, avec le souci d'objectivité et d'exigence intellectuelle qui seul peut aider à faire progresser la connaissance.
Cet ouvrage, le voici. Le fruit d'un long travail qui réussit à embrasser sans tabou l'ensemble des thèmes et des données à la fois militaires, politiques, sociologiques et intellectuels liés au dernier épisode de la période coloniale. L'un des mérites de ses maîtres d'oeuvre, Sylvie Thénault, Ouanassa Siari Tengour et Tramor Quemeneur, est d'avoir su regrouper autour d'eux des historiens et chercheurs de provenances multiples, de convictions diverses et parfois opposées. Là où les mythes l'emportent encore trop souvent sur la vérité des faits, cette pluralité des approches était non seulement nécessaire mais indispensable au crédit d'une telle entreprise.
Événement éditorial, ce Dictionnaire, par son ambition et sa richesse exceptionnelles, répondra aux légitimes attentes de tous ceux qui, sur les deux rives de la Méditerranée, n'aspirent qu'à mieux comprendre l'histoire complexe de cette guerre." Jean-Luc Barré. -
« Ce serait une honte dont vous ne pourriez vous laver que de ne pas finir Josèphe... Tout est beau, tout est grand, cette lecture est magnifique » écrit Mme de Sévigné à sa fille en novembre 1675. Port-Royal vient alors de publier une nouvelle traduction de cet auteur antique due à Arnauld d'Andilly, le frère du Grand Arnauld. Elle fera autorité en France pendant près de deux siècles. Dans tout l'Occident chrétien, Flavius Josèphe fut en effet jusqu'à une époque récente l'historien de l'Antiquité le plus lu.
Sans ses écrits, de larges pans de l'histoire de la Judée entre -100 et la fin du premier siècle de l'ère chrétienne nous resteraient inconnus. Toutes les Histoires du peuple juif au temps de Jésus lui sont grandement redevables.
Né Yosef ben Mattityahu Ha-cohen dans une grande famille de Jérusalem en l'an 37, il est mort à Rome, protégé de empereurs successifs de la dynastie flavienne, vers l'an 100. Entretemps il avait vécu en tant qu'acteur puis témoin oculaire la terrible tragédie de son peuple, celle qui opposa les Judéens à la puissance romaine et vit disparaître dans les flammes Jérusalem avec son célèbre Temple.
Le nom latinisé sous lequel son oeuvre nous est parvenue reflète un destin exceptionnel. Réchappé par ruse d'un grand massacre, cet aristocrate juif qui avait pris les armes contre Rome, fut libéré de ses chaînes pour avoir prédit l'empire à Vespasien et reçut la citoyenneté romaine comme le révèle son nom. C'est depuis le camp romain qu'il assista à la prise de sa ville natale.
Dès le lendemain de la guerre, il fut chargé d'en écrire le récit pour la gloire des vainqueurs mais sans dissimuler son propre chagrin. À ce premier ouvrage, La Guerre des juifs contre les Romains ou Guerre de Judée (vers 75), s'ajoutèrent quelque vingt ans plus tard les 20 livres des Antiquités judaïques qui relatent l'histoire biblique suivie de celle des années précédant la révolte juive. Soucieux de justifier son attitude pendant cette guerre, Josèphe rédigea aussi une Autobiographie. Et, toujours fidèle à ses traditions ancestrales dans son exil romain, il répondit aux allégations mensongères les concernant dans le Contre Apion. C'est l'ensemble de cette oeuvre grandiose et sans équivalent qui est présentée dans ce volume. -
Rois des Francs : le haut Moyen Âge de Clovis à Robert le Pieux
Laurent Theis
- Bouquins
- La Collection
- 13 Avril 2023
- 9782382922347
La France aussi possède son Livre des Rois. Il commence de s'écrire durant près de cinq siècles réputés obscurs, ce haut Moyen Âge où réalité et légende s'entremêlent. Traversé de contrastes saisissants, il met en scène une galerie de rois dont quelques-uns, au prix d'anachronismes et de déformations, constituent comme l'alphabet de l'histoire nationale.
De la fin du Ve siècle au début du XIe, des Mérovingiens aux Carolingiens et aux premiers Capétiens, une continuité se dessine, au-delà de conjonctures mouvementées, et parfois violentes. Le royaume des Francs se forme, s'étend et s'enracine. En cette haute époque, l'obscurité, pour nous, demeure épaisse. Peu nombreux sont les médiévistes qui s'y aventurent. Pourtant, des rais de lumière viennent éclairer, de siècle en siècle, les règnes et les rois. Parmi ces derniers, certains émergent, par leur action et leur rayonnement en leur temps ; aussi, voire surtout, par les traces qu'ils ont imprimées dans la mémoire collective. Leur existence réelle se double alors d'une vie légendaire qui ne pèse pas moins que l'autre dans l'histoire. Ainsi nous souvenons-nous, fût-ce seulement par leurs noms, de Clovis et Dagobert, de Charlemagne ou de Hugues Capet, ces rois des Francs que le Christ aurait choisis pour les gouverner.
Le présent volume part à la recherche de ces personnages, dans un parcours intellectuel et chronologique où la rigueur n'empêche pas la liberté de ton et un beau souci d'écriture. Dans un dialogue entre les faits et les images, il éclaire un passé trop enfoui et peut réserver quelques surprises heureuses. Alors se découvrent des éléments et des caractères originaux qui, rétrospectivement, seront placés aux fondements de la nation française, et ont nourri sa tradition. -
Paul Veyne est un savant hors pair : un immense historien de Rome, un très grand latiniste, doublé d'un intellectuel inclassable, déroutant, non conformiste, épris de liberté et étincelant d'humour.
Cet ouvrage permet de découvrir l'univers d'un homme curieux de tout, de suivre les cheminements de l'écrivain, de l'historien virtuose. La profusion des idées, les notations ou les éreintements jubilatoires, la phrase qui tranche net, le regard à l'affût des sujets les plus divers, l'appétit de savoir, les positions qui s'imbriquent et se superposent sont autant d'ingrédients d'une oeuvre originale, irriguée par la vivacité d'un style libre et inventif.
Derrière l'apparence trompeuse d'une légèreté parfois déconcertante, la pensée avance, toujours plus subtile. Sur des thèmes volontiers ardus, et abordés avec toutes les ressources de l'érudition, Paul Veyne offre au lecteur des points d'accroche chaque fois saisissants, par leur fantaisie, leur incongruité, leurs anachronismes réfléchis. Il finit ainsi par établir une sorte de familiarité avec des mondes et des hommes à première vue très éloignés de nous.
Mêlant autobiographie, études d'histoire antique, extraits de traductions de poésie latine et témoignages d'amitié, cet ensemble d'une exceptionnelle densité embrasse la majeure partie de l'histoire et de la littérature du monde gréco-romain, sans cesser d'être en dialogue avec nos poètes et philosophes contemporains.
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Une nuit, à Rome, dans une bibliothèque de livres rares, le journaliste Jean-Baptiste Malet découvre par hasard un ouvrage de 1913 présentant les plans d'une cité colossale appelée à devenir la capitale du monde. Glorifiant la mondialisation des échanges, cette ville promet d'écrire une nouvelle page de l'histoire de l'humanité en réunissant l'élite scientifique, intellectuelle, sportive et spirituelle de toutes les nations. Fasciné par cette utopie, Jean-Baptiste Malet se lance dans une enquête de plusieurs années afin d'en percer les secrets.
La Capitale de l'Humanité raconte l'histoire méconnue du Centre mondial de communication, une cité idéale conçue à l'aube du XXe siècle par deux artistes américains établis à Rome, Olivia et Hendrik Andersen, et dessinée par l'architecte français Ernest Hébrard. Soutenu par des prix Nobel de la paix, des monarques, des philanthropes, et de grands journaux tels que le New York Times et L'Illustration, ce rêve grandiose connut un succès planétaire à la veille de la première guerre mondiale. Et une seconde vie au temps du fascisme italien.
Tour de force d'investigation, ce récit reconstitue les aventures des créateurs de cette capitale du monde, tout en nous plongeant dans les milieux pacifistes de la Belle Époque. Il nous rappelle aussi combien leurs luttes et leurs espoirs ont façonné le monde contemporain.
Jean-Baptiste Malet est journaliste et auteur d'enquêtes au long cours. Lauréat du prix Albert-Londres pour L'Empire de l'or rouge (Fayard, 2017), une enquête mondiale traduite en 8 langues consacrée à l'industrie de la tomate, il a également infiltré un entrepôt logistique d'Amazon afin de publier En Amazonie (Fayard, 2013). -
Imprécateur et pamphlétaire « par amour », selon sa formule, Léon Bloy est un auteur de l'excès, de la démesure, de l'engagement total. Sa plume, si révoltée soit-elle, n'est pas celle d'un révolutionnaire : elle est d'abord animée par la défense des pauvres, la dignité de l'homme, l'amour de Dieu et la figure du Christ. Au mépris de tout confort social, intellectuel, spirituel, ce chrétien farouchement attaché à l'esprit des Évangiles s'est toujours situé en dehors de toute institution ou appartenance.
« Pèlerin de l'Absolu », il accepte de se faire mendiant pour gagner la liberté de dire la vérité, et il traque la bêtise dont l'illustration parfaite à ses yeux est « le bourgeois, cet homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser ». Le terme de « bourgeois » ne recouvre pas ici une catégorie sociale : le « bourgeois » est un état d'esprit, une idéologie, un inconscient, c'est même un langage, le langage des « lieux communs » dont Bloy fait la patiente exégèse. Bloy, qui intitule son premier livre Propos d'un entrepreneur de démolitions, s'en prend à l'esprit bourgeois en quoi il voit la haine de tout ce qui est beau et essentiel, il attaque ceux qui détestent l'Absolu et qu'il nomme les « théophobes ». Il pourchasse ainsi les métamorphoses de cette « théophobie » chez les politiques, les écrivains, les journalistes, les athées, et aussi, bien que ou parce que converti au catholicisme, chez les chrétiens eux-mêmes. Le catholique Bloy est en effet le plus sévère critique des petites et grandes bassesses des chrétiens de son temps, qu'il met en cause avec une violence magistrale, n'hésitant pas à se brouiller avec la majorité de ses coreligionnaires.
Les pamphlets occupent une place relative dans l'oeuvre de celui qui a tant indisposé ses contemporains. L'auteur des Méditations d'un solitaire et de L'Âme de Napoléon a bâti une oeuvre immense à travers laquelle se déploient une impressionnante philosophie de l'histoire et une réflexion sur la fin des temps digne des premiers chrétiens.
Les ouvrages dont est constituée cette oeuvre majeure ont sans cesse été éclipsés par un ou deux titres, et il ne fut guère aisé jusqu'à présent de se faire une idée d'ensemble des essais et des pamphlets d'un auteur si singulier. En réunissant la quasi-totalité des essais de Léon Bloy, des plus célèbres, comme l'Exégèse des lieux communs et Belluaires et Porchers, aux plus rares, comme Celle qui pleure, Le Révélateur du Globe et l'inachevé Dans les ténèbres, en passant par Le Fils de Louis XVI et Le Salut par les Juifs, ce livre constitue le plus considérable volume d'oeuvres de Léon Bloy jamais publié. Un siècle après la mort de l'auteur, survenue à l'automne 1917, l'oeuvre de celui qui ne voyait pas qu'il fût possible d'écrire autrement qu'« au seuil de l'Apocalypse » est ainsi à nouveau disponible et présentée dans sa cohérence.
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Émerveillements ; réflexions sur la Grèce antique
Jacqueline de Romilly
- Bouquins
- 14 Mars 2019
- 9782221239162
L'oeuvre de la grande helléniste que fut Jacqueline de Romilly a enchanté d'innombrables lecteurs en leur révélant la grâce et la beauté d'une civilisation sans pareille.
Ce volume rassemble l'essentiel des textes qui jalonnent cette fresque narrative. Jacqueline de Romilly y promène le reflet grec de ses lectures sur toutes choses, animée sans cesse par le sentiment que se joua là, pour l'homme en général et pour son destin personnel de femme de tête, de coeur et de culture, une révélation intime. Expérience qui a nourri son idéal humaniste.
Ses émerveillements constants devant la richesse et la splendeur du patrimoine qu'elle fait découvrir ici à travers les figures de la Grèce mythologique, historique et littéraire - Homère, Hector, Achille et Alcibiade, Périclès, Platon et Socrate - sont indissociables de son approche savante. En sa compagnie, nous suivons l'invention progressive des valeurs qui nous ont façonnés : douceur, tolérance, liberté, démocratie... Car pour Jacqueline de Romilly, " ce qu'a semé la Grèce ne cesse de revenir, de resurgir ". Sa pensée est aussi celle d'une femme qui plaida pour l'enseignement des humanités afin de lutter contre toutes les formes d'obscurantisme.
Ce volume contient : Hector - Homère - L'Amitié de Giraudoux avec l'hellénisme : Elpénor - L'Humanité d'Homère et les humanités - Alcibiade - La Grèce antique à la découverte de la liberté - La Littérature, ou le Passé vivant - La Douceur dans la pensée grecque - " Patience, mon coeur ! " - Ne me dis pas comment cela finit... Réflexions sur la tragédie grecque. -
La version française - complétée et mise à jour - du célèbre Oxford Companion to Classical Literature. Un instrument de travail unique en son genre.
Destiné à tous les amateurs de la Grèce et de Rome et pas seulement aux spécialistes, ce dictionnaire fait revivre les aspects les plus variés - les plus insolites aussi - de la civilisation antique. Biographie souvent haute en couleur, des grands personnages historiques, tel Néron, Vespasien ou Zénobie ; carrière de philosophes et de poètes, d'Euripide à Sapho et à Virgile, évocation de sites (Thèbes, Rhodes), d'institutions politiques, de traits de moeurs, etc. En 3 000 articles, c'est toute l'histoire de la Grèce et de Rome qui défile, de l'époque archaïque à l'invasion des barbares, d'Asie Mineure à la Gaule et aux îles Britanniques. -
L'oeuvre de Benjamin Stora se confond pour partie avec la mémoire et l'histoire de la guerre d'Algérie. Un de ses grands thèmes de recherche, intimement lié à son parcours individuel tel qu'il le relate dans trois de ses ouvrages. Dans Les Clés retrouvées, il évoque son enfance juive à Constantine et le souvenir d'un monde qu'il a vu s'effondrer ; dans La Dernière Génération d'Octobre, son militantisme marqué très à gauche avec son cortège de désillusions. Les Guerres sans fin témoignent d'un engagement mémoriel qui se fonde sur une blessure collective et personnelle que seules la recherche et la connaissance historiques peuvent aider à panser.
Benjamin Stora a étudié en ce sens le rôle spécifique joué par les grands acteurs de ce conflit singulier. Dans Le Mystère de Gaulle, il analyse l'attitude de ce dernier lors de sa prise du pouvoir en 1958 et sa décision d'ouvrir des négociations avec les indépendantistes en vue d'une solution de compromis associant de manière originale la France et l'Algérie. Dans François Mitterrand et la guerre d'Algérie, écrit avec François Malye, il montre les contradictions de celui qui, avant de devenir un adversaire de la peine de mort, la fit appliquer sans hésiter en 1957 en tant que ministre de la Justice au détriment des Algériens. C'est enfin de la longue histoire des juifs en terre algérienne qu'il est question dans Les Trois Exils.
Cet ensemble, qui porte la marque d'un historien majeur, permet de mieux comprendre la genèse, le déroulement et l'issue d'une tragédie où se mêlent un conflit colonial livré par la France, un affrontement nationaliste mené par les indépendantistes algériens et une guerre civile entre deux communautés résidant sur un même territoire. Ce sujet, resté sensible pour nombre de nos compatriotes, continue d'alimenter des deux côtés de la Méditerranée des débats passionnés. -
Sous une forme vivante, enlevée, très personnelle, Les Découvreurs raconte la plus grande épopée de l'homme : celle de sa quête pour découvrir le monde qui l'entoure. Daniel Boorstin s'écarte volontairement de la traditionnelle et fastidieuse énumération des batailles, des naissances d'empires et des grands règnes : avec lui, l'histoire de notre monde devient une féerie de découvertes et de commencements.
En chaque découverte d'importance, que ce soit celle de l'Amérique par Christophe Colomb ou celle de la relativité par Einstein, il voit un épisode d'une biographie. Les héros de la saga qu'il nous raconte sont des hommes dotés d'une insatiable frénésie de connaissance et d'un courage exemplaire pour affronter l'inconnu.
Daniel Boorstin nous fait découvrir sous un jour nouveau des noms familiers : Hérodote, Ptolémée, Marco Polo, Copernic, Newton, Marx, Freud, et ressuscite également quelques figures remarquables oubliées de l'histoire.
Pour quelles raisons les Chinois n'ont-ils pas découvert l'Amérique ? Pourquoi les peuples ont-ils mis si longtemps à apprendre que la terre tourne autour du soleil ? Comment a débuté l'étude des sciences économiques ? Quand et pourquoi les peuples ont-ils commencé à fouiller la terre pour connaître le passé ? Telles sont quelques-unes des fascinantes questions auxquelles répond ce livre.
L'histoire qu'il nous raconte est sans fin. Car, pour les découvreurs, «le monde entier est encore une Amérique. Et les mots terra incognita sont bien les plus prometteurs que l'on ait jamais écrits sur les cartes de la connaissance humaine ». -
Les origines de la France contemporaine (édition 2011)
Hippolyte Taine
- Bouquins
- 13 Octobre 2011
- 9782221122181
" Se séparant de ses prédécesseurs, Taine inaugurait ici un nouveau style d'Histoire. Il ouvrait la phase scientifique de l'étude de la Révolution française, multipliait les références, ne progressait que fort de leur appui.
Dans le même temps, il devançait ceux-là mêmes qui adopteraient bientôt la méthode nouvelle et annonçait une Histoire plus moderne encore : celle qui ne se contente pas d'être chronologique et politique mais, embrassant chaque époque dans son ensemble, se veut aussi l'histoire des mentalités, histoire sociologique, histoire totale.
De telles ambitions furent difficilement admises. La sévère liberté des jugements que Taine portait sur les hommes et les choses ne le fut pas plus aisément. Dès leur parution, Les Origines suscitèrent des polémiques que la mort de l'auteur ne put apaiser.
Ce grand livre, chef-d'oeuvre de style et de pensée, n'avait pas été réédité dans son intégralité depuis plus de trois quarts de siècle. Il revient au jour, étonnant de jeunesse, et la longue méditation par laquelle il s'achève développe les thèmes mêmes sur lesquels se poursuit encore le débat français ", écrivait François Léger à propos de la première édition chez " Bouquins ".
Ce volume contient : L'Ancien Régime ; La Révolution ; L'anarchie ; La conquête jacobine ; Le gouvernement révolutionnaire ; Le Régime moderne. -
Philosophe, juriste, sociologue avant la lettre, Joseph de Maistre (1750-1821), premier critique d'envergure de la Révolution française, fait partie des penseurs qui ont eu la plus grande influence sur les débats d'idées tout au long du XIXe siècle et même encore au XIXe.
Contre-révolutionnaires, antimodernes, utopistes romantiques... Qu'ils soient ses admirateurs ou ses détracteurs, très nombreux sont ceux qui ont cru devoir se situer par rapport à sa pensée : Lamennais, Ballanche, Lamartine, Vigny, Sainte-Beuve, les saint-simoniens, Baudelaire, Barbey d'Aurevilly, Auguste Comte, Taine, Renan, Maurras, Bloy, Carl Schmitt, Cioran, etc. C'est pourquoi son oeuvre est une entrée de choix dans les débats idéologiques et les grands questionnements politiques du monde moderne : les droits de l'homme, la démocratie, les liens du politique et du religieux, la peine de mort, la guerre...
Joseph de Maistre n'est pas seulement un penseur de premier plan, c'est un véritable écrivain qui ravira les amateurs du beau style et du bel esprit dans la tradition des salons du XVIIIe siècle, où triomphait l'art de la conversation.
Ses " saillies perpétuelles " qui " tiennent le bon sens sur le qui vive " (Sainte-Beuve) sont en effet rehaussées par une langue réellement admirable : causticité, imagination, acuité intellectuelle, toutes ces qualités font qu'on ne lit plus Bonald, par exemple, mais qu'on relit Maistre, ce " prosateur magnifique ", auteur d'ouvrages " d'un style et d'une construction admirables ", selon Valéry himself.
Destiné à un large public, intéressant en particulier les étudiants de plusieurs disciplines (littérature, histoire, sciences politiques, philosophie, sociologie, droit), cette édition, reprenant les principales oeuvres de Joseph de Maistre et comprenant un dictionnaire permettant de s'initier aux notions-clés de sa pensée, constitue un travail scientifique novateur.
Pour la première fois, un choix d'oeuvres de Maistre est publié dans le respect scrupuleux des manuscrits. Il comprend non seulement des inédits mais un ample apparat savant, chaque texte étant accompagné d'une introduction qui en présente les enjeux et d'une ample annotation qui en éclaire les difficultés. On trouve enfin un choix de variantes, souvent très éclairantes pour entrer dans les mécanismes de la création intellectuelle.
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Ce volume rassemble, intégralement traduits pour la première fois et présentés en édition bilingue, tous les écrits de Jules César : les Commentaires, mais aussi les extraits des discours, des traités et de la correspondance conservés par les Anciens.
Il offre une lecture complète de son oeuvre, qui permet de mieux comprendre à quel point César a été un protagoniste majeur de l'histoire romaine dans son exercice du pouvoir, fondé sur l'idée d'une magistrature suprême au sommet de l'État, et son action réformatrice dans tous les domaines de la vie publique. Il éclaire aussi son influence décisive sur la vie culturelle de son temps, à laquelle il a fourni des apports tout aussi originaux que trop souvent ignorés. Soucieux de préserver le rayonnement de la langue et du patrimoine latins, César fit de Rome un grand centre intellectuel, mû par l'ambition d'ouvrir la connaissance au plus grand nombre et non de la réserver à une seule élite.
Enfin, loin de se réduire à une simple reconstitution des dernières décennies de la République romaine, cet ouvrage met en valeur la dimension littéraire de César. L'ensemble de ses lettres, les citations qui subsistent de ses discours, et la somme tout aussi riche des fragments de ses traités, révèlent les spécificités de l'éloquence césarienne. Un modèle du genre par sa rigueur et sa sobriété, qui font toute son excellence stylistique.